Les deux scènes

Les deux scènes
  • Mercredi 24 Juillet à 20h30
  • Au Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€

EN LIBERTÉ !

PIERRE SALVADORI – 1H48, 2018

AVEC ADÈLE HAENEL, PIO MARMAÏ, DAMIEN BONNARD

Yvonne, jeune inspectrice de police, découvre que son mari, le capitaine Santi, héros local tombé au combat, n’était pas le flic courageux et intègre qu’elle croyait mais un véritable ripou. Déterminée à réparer les torts commis par ce dernier, elle va croiser le chemin d’Antoine, injustement incarcéré par Santi pendant huit longues années. Une rencontre inattendue et folle qui va dynamiter leurs vies à tous les deux.

En liberté ! ne parlera que de cela, de cette folle quête de remettre le monde à l’endroit qu’on s’est raconté être le bon, des films que l’on se fait et qui nous construisent, nous aident à aimer et nous aident à vivre. Comme souvent chez Pierre Salvadori, le mensonge servira de ressort, armant des situations explosives tout en tentant d’œuvrer pour le vrai. Remarquablement écrit, sautant du burlesque au slapstick ou à la comédie romantique, ce neuvième film du réalisateur caracole à toute vitesse et mélange les genres avec entrain. Il assume ses références écrasantes (Billy Wilder, Philippe de Broca, Ernst Lubitsch, Jonathan Demme… entre autres) et réinvente un style propre qui tisse les faux récits de chacun et la réalité du quotidien. Ce qui est drôle, ici, c’est que rien ne l’est, à la base. La solitude, l’injustice, la trahison président à tous ces destins croisés, entremêlés, tricotés même en sac de nœud ! Ce qui est beau, c’est que le cinéma est le centre du film, son essence et sa raison d’être : comment une fiction devient réalité, comment l’imagination est un moteur (et parfois, aussi, un frein). Entre feu d’artifice d’émotions et explosions de rires, il y a quelque chose de revigorant dans En liberté ! Adèle Haenel, Pio Marmaï, Damien Bonnard et Audrey Tautou, sans oublier Vincent Elbaz sont tous épatants, émouvants et drôles, sur le fil de sentiments contradictoires. L’expression « en liberté » s’applique ici à tous les personnages, mais convient d’abord à l’imagination du réalisateur qui jusque-là n’avait jamais tant lâché la bride à son cinéma.
Élisabeth Franck-Dumas, Libération