Les deux scènes

Les deux scènes
Cinéma / L'Été du cinéma Français/ CONTES DE JUILLET / L’ÎLE AU TRÉSOR
  • Mardi 2 Juillet à 18h30
  • Mardi 2 Juillet à 20h30

CONTES DE JUILLET / L’ÎLE AU TRÉSOR

MARDI 2 JUILLET À 18H30

CONTES DE JUILLET 

GUILLAUME BRAC – 1H10, 2018

Paris et sa banlieue. Cinq filles, cinq garçons. Deux histoires. Un jour d’été.

Sous le titre Contes de juillet, sont rassemblés deux moyens métrages tournés par Guillaume Brac en 2016 dans le cadre d’un atelier avec les élèves du Conservatoire d’art dramatique de Paris. Réalisés en partie sur la base de loisirs de la ville de Cergy-Pontoise en banlieue parisienne, ils nous offrent un contrepoint fictionnel à L’Île au trésor, documentaire qu’il commencera à tourner l’année suivante et qui est à découvrir ce soir à 20h30.

MARDI 2 JUILLET À 20H30

L’ÎLE AU TRÉSOR

GUILLAUME BRAC – 1H37, 2018

Un été sur une île de loisirs en région parisienne. Terrain d’aventures, de drague et de transgression pour les uns, lieu de refuge et d’évasion pour les autres. De sa plage payante à ses recoins cachés, l’exploration d’un royaume de l’enfance, en résonance avec les tumultes du monde.

L’île de loisirs de Cergy-Pontoise, c’est le territoire que Guillaume Brac s’est donné à explorer pour son deuxième long métrage (après Tonnerre en 2014), qui opère un détour par le documentaire. Brac n’en poursuit pas moins le même sentiment que dans ses fictions précédentes : celui de « vacance », cette poche de temps qui libère l’existence, la rend plus douce, plus sensible, plus cruelle parfois. Or, c’est ce même sentiment qu’on retrouve à la base de Cergy-Pontoise (en elle-même insignifiante) : un concentré de disponibilité, une réserve inépuisable de rencontres, de visages, de silhouettes, de conversations et de façons d’être. Ainsi rassemblés, les plaisanciers composent un portrait mixte et bigarré de la France d’aujourd’hui, une petite Babel à ciel ouvert où se croisent diverses cultures, langues et provenances. L’Île au trésor convoque dès les premières images un imaginaire aventurier : une bande de gamins s’infiltre en douce dans le parc, dont l’entrée est payante, mais ils se font vite repérer par des vigiles qui les reconduisent à la sortie. L’Île au trésor s’affirme ainsi comme un beau film sur la règle : les briefings de la direction et ses contournements (chacun cherche à se baigner où il veut). Le montage invente une temporalité à la fois ouverte et déclinante, qui s’enfonce doucement dans la nuit. Des étudiants saisonniers restent clandestinement sur le site après la fermeture pour y poursuivre leurs idylles : le règlement s’estompe avec le jour et tout redevient possible, comme accéder à des endroits secrets ou interdits. Intervient alors un passage magnifique où les adolescents naviguent en paddle jusqu’au pied d’une étrange pyramide perdue au milieu des eaux. Tout, de la surface mercurielle du fleuve aux reflets irisés du crépuscule, revêt alors un aspect irréel. À ce moment-là, l’idée d’exploration se pare d’un sens nouveau : surprendre la beauté là où elle se trouve, en n’hésitant pas à s’aventurer hors des clous.
Mathieu Macheret, Le Monde