Les deux scènes

Les deux scènes
  • Mercredi 7 Août à 20h30
  • Au Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€

UN BEAU VOYOU

LUCAS BERNARD – 1H44, 2019

AVEC CHARLES BERLING, SWANN ARLAUD, JENNIFER DECKER

Le commissaire Beffrois attend la retraite avec un enthousiasme mitigé quand un vol de tableau retient son attention. Est-ce l’élégance du procédé ? L’audace du délit ? La beauté de l’œuvre volée ? Beffrois se lance à la recherche d’un voleur atypique, véritable courant d’air, acrobate à ses heures.

Voici une comédie piquante dont le scénario sophistiqué et les dialogues narquois font immédiatement mouche, tout autant que la mise en scène, alerte et référencée. Ce jeune cinéaste dirige avec virtuosité ses comédiens, parmi lesquels le toujours parfait Swann Arlaud et l’excellente Jennifer Decker (de la Comédie-Française), dont le charme mutin est à l’exact diapason de ce savoureux premier film. Tout est délicieusement atypique dans ce premier long métrage qui fait habilement bouger les lignes sociales. Un flic perdant, mais « de droite, par réflexe », change sa vision du monde et de l’art, en réépousant soudain celle de son épouse pourtant disparue. Un jeune Arsène Lupin sort du cadre petit-bourgeois dans lequel il a grandi, mais devra faire avec l’anticonformisme d’une jeune restauratrice de tableaux dont il est amoureux. Face à Swann Arlaud (le voleur), subtil, tout en sourire doux et regards piquants, Charles Berling excelle en Colombo saisissant sa dernière chance. Avec ses dialogues ciselés, le réalisateur chaparde du côté de Pierre Salvadori ou de Philippe de Broca. Il sait capter l’authenticité des lieux – petit logement HLM ou pavillon de la banlieue ouest – et s’amuser d’une éternelle perplexité face à l’art contemporain. Une morale enthousiasmante court tout au long de cette comédie d’initiation sur le tard : l’art libère même (et surtout) quand on peine à le saisir…

Guillemette Odicino, Télérama